123456

gelée

  • Petit dicton... de saison

    Bien des dictons populaires recommandent d'attendre que les Saints de glace soient passés pour repiquer les plants en pleine terre.


    Les saints de Glace sont les jours de la St Mamert (11 mai),     St Pancrace (12 mai) et St Servais (13 mai). Malgré tout, ne vous précipitez pas au jardin car "Quand la saint Urbain est passée, le vigneron est rassuré" et "Mamert, Pancrace, Boniface sont les trois saints de glaces, mais saint Urbain les tient tous dans sa main." C'est le 25 mai !

    Une baisse de la température pouvant amener une période de gel peut encore être observée jusqu'au 25 mai....                Alors, patience !

     

    L’origine des saints de glace remonte à bien avant le christianisme. La météorologie, peu soucieuse des proverbes et de la religion catholique, ne nie pas que certaines périodes printanières jusqu’en mai, sont sujettes à une descente des températures en dessous de zéro, en fin de nuit, qui peut être préjudiciable aux cultures, arbres fruitiers et fleurs sensibles au gel, plus généralement, à une végétation qui aurait démarré précocement.
    Les scientifiques avancent deux explications : d’abord, à cette époque, l’orbite de la Terre traverse une zone de l’espace sidéral particulièrement chargé en poussières provenant de résidus de la formation des planètes. Ces poussières faisant légèrement obstacle au rayonnement du soleil, l’intensité lumineuse serait affaiblie. On évoque également un essaim d’étoiles filantes venus de la constellation du Léon formant un écran entre la terre et le soleil et refroidissant donc l’atmosphère.
    Ensuite, sous nos climats, mai correspond à la fin de la rapide circulation de systèmes météorologiques d’hiver et quand le ciel se dégage sous un anticyclone, la perte de chaleur est encore importante, surtout la nuit, car la couverture nuageuse ne remplit plus son rôle de conservation de la chaleur accumulée pendant la journée.
    Devant ces phénomènes de gel tardif et nocturne constatés empiriquement par les paysans, l’Eglise, très opportuniste, imposa des intercesseurs (un peu comme les multiples coordinateurs pilotes qui pullulent aujourd’hui dans nos organigrammes !), nos trois saints de glace, qui étaient censés protéger les cultures pendant ces jours critiques.
    Le hic, il fallait bien s’y attendre, leur patronage fut d’une inefficacité quasi totale et nos trois usurpateurs victimes de la vindicte populaire, finirent par endosser la responsabilité des gelées et recevoir leur lettre de licenciement des calendriers.