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Interpellation ACRF, femmes en milieu rural

L'ACRF clôture sa campagne de sensibilisation

« Les semences donnent du sens ».

A l’heure où le débat sur les OGM revient au devant de l’actualité avec notamment le procès à Termonde des arracheurs de pommes de terre OGM, l’ACRF interpelle tout un chacun et ceux qui font nos lois : les semences doivent rester libres ! Il s’agit d’un bien commun qui a permis à l’être humain d’assurer sa survie jusqu’à aujourd’hui. Les semences sont notre passé, notre présent et notre avenir. Nous devons refuser leur privatisation par les multinationales et nous devons nous soulever contre les dispositions nationales ou européennes visant à empêcher leur reproduction, leur échange et leur utilisation libre. Au niveau politique, cette interpellation est envoyée aux ministres et députés fédéraux, ainsi qu’aux députés belges européens.

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Veuillez trouver ci-après copie de ce courrier pour votre bonne information.

 

A l’occasion de la seconde audience du procès  des faucheurs de pommes de terre OGM à Termonde, l’ACRF vous interpelle: la semence est sacrée, elle est gratuite, c’est un bien commun, protégeons-la !

 

 

 

 

 

 

Assesse,  le 15 janvier 2013.

 

Interpellation politique

 

A l’occasion de la seconde audience du procès  des faucheurs de pommes de terre OGM à Termonde, l’ACRF vous interpelle: la semence est sacrée, elle est gratuite, c’est un bien commun, protégeons-la !

 

 

 

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Depuis de nombreuses années,  l’ACRF dénonce les atteintes portées par le système économique et financier  à la souveraineté alimentaire des peuples. Aujourd’hui, une question collatérale tout aussi grave  nous inquiète : compte-tenu de l’érosion de la biodiversité et de l’accaparement des semences par les multinationales,  mangerons-nous encore demain à notre faim en préservant notre santé ?

 

D’où vient cette inquiétude ? Depuis quelques décennies, on observe une uniformisation de notre alimentation : nous mangeons tous les mêmes carottes, les mêmes tomates, les mêmes céréales. Cette uniformisation exigée par l’agriculture industrielle intensive a bien entendu entraîné la disparition de centaines de variétés végétales alimentaires cultivées autrefois localement et selon les saisons. En plus de ce « lissage » variétal, pour doper les productions, l’agriculture industrielle a organisé une pollution chimique des terres sans précédent. Résultat : aujourd’hui, nous ne disposons plus pour nous nourrir que d’une quantité réduite de variétés végétales et d’un sol biologiquement mort. Dans un contexte démographique de surpopulation, il y a bien de quoi s’inquiéter ! A côté de cela, nous assistons à la confiscation des semences  potagères paysannes- un trésor inimitable hérité par l’ensemble de l’humanité ! - par les entreprises multinationales de l’agrochimie.

Nous ne comprenons ni n’admettons que les parlementaires et la Commission européenne mettent en place un dispositif législatif qui cadenasse la commercialisation des semences, avec pour conséquence  (et objectif) de brider l’immense majorité des échanges et des cultures de graines paysannes locales.

Pour citer Pierre Rabhi, « depuis les origines de la vie humaine, l’Homme a été capable d’assurer sa survie par lui-même en cultivant, en adaptant les variétés à son sol et à son climat et cela tout à fait librement.  Pourquoi confisquer aux êtres humains cette liberté, si ce n’est pour le rendre dépendant d’un système économique ? Cela nécessite une résistance légitime absolue de toute l’humanité ».

Dans ce contexte, l’ACRF a souhaité tout au long de 2012 redonner du sens à la semence, la remettre au centre des préoccupations, lui rendre son statut de source de vie auprès du grand public. Nous avons également encouragé les citoyens à ne plus acheter de semences mais à les reproduire et à les partager.

Aujourd’hui, c’est au monde politique que nous nous adressons, à vous, nos élus.  Nous vous demandons :

 

§  De garantir le droit des agriculteurs d’échanger et de vendre leurs propres semences.

 

La production des semences paysannes est indispensable pour permettre l’adaptation des cultures aux changements climatiques et aux nouvelles exigences de diminution des intrants chimiques. Elle garantit l’autonomie des paysans et des peuples face à la domination de quelques firmes semencières.  Les échanges, à titre onéreux ou gratuit, de quantités limitées de semences entre agriculteurs qui contribuent dans le cadre de leurs productions agricoles à la sélection, à la conservation et à la gestion dynamique de la biodiversité cultivée, doivent rester hors du champ d’application des lois sur le commerce des semences.

 

§  De maintenir l’accès aux semences destinées à l’agriculture vivrière comme un droit fondamental.

 

Plus de la moitié de la nourriture produite sur cette terre est issue de l’agriculture vivrière. Diversifiée et économe, cette agriculture n’a pas besoin des semences industrielles destinées aux monocultures. Non, l’agriculture vivrière européenne n’est pas le fait de quelques jardiniers amateurs. Les petits paysans - de plus en plus nombreux depuis la crise financière - travaillent pour l’alimentation locale et nourrir leurs semblables. De nombreux signes démontrent que l’industrie veut  supprimer le droit de vendre des semences destinées à l’agriculture vivrière  (le certificat d’obtention végétale, le catalogue officiel) mais celle-ci doit rester exempte de toute obligation de certification et d’enregistrement officiel.

 

§  De barrer la route aux variétés et aux plantes brevetées et génétiquement manipulées.

 

Substituer la semence par quelque chose de fabriqué en laboratoire nous parait aberrant. Depuis des millénaires, l’Homme se nourrit de la culture de semences biologiques. Ces semences, par nature, s’adaptent aux conditions auxquelles elles sont confrontées : intempéries, ravageurs, maladies… Nous ne savons encore rien de l’impact des OGM sur les milieux naturels mais il risque de donner lieu à des bouleversements contre-nature à côté desquels les avantages des OGM ne représentent rien.

 

L’Union européenne est, depuis cinquante ans, le laboratoire des lois semencières qu’elle impose sur toute la planète. Il est donc essentiel de refuser ces nouveaux règlements  dans l’intérêt de nos concitoyens  et de tous les peuples du monde.

 

Merci pour votre attention et dans l’attente de vous lire, nous vous prions de recevoir  Mesdames, Messieurs les Parlementaires, Mesdames Messieurs les Ministres, nos salutations respectueuses.

 

Léonie Gérard, Présidente de l’ACRF.

Muriel Lescure, Chargée des campagnes de sensibilisation.

 

 

 

     

 

 

 

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